Travaillant dans la conservation, nous ne pouvons pas ne pas vous parler des techniques de repeuplement utilisées dans la biologie. Cet article ne parlera pas des points positifs et négatifs du repeuplement mais seulement d’une technique parmi d’autres. Aymeric a eu la chance de travailler sur un programme de repeuplement, dans un atoll perdu au milieu du pacifique.

Avant toute chose, petite recontextualisation ! Située à 60 km de Tahiti, Tetiaroa est un atoll constitué de 12 ilots (appelé « motus » en Tahitien), reconnu grâce à son prestigieux et écologique hôtel : The Brando. Après avoir acheté l’atoll dans les année 60, Marlon Brandon ne décrivait pas la beauté de Tétiaroa grâce au luxe ou aux célébrités qui ont marqué l’histoire de l’hôtel mais bel et bien par sa nature et sa pureté préservée qui fait d’elle : « une perle du Pacifique ».

Véritable carrefour entre conservation, recherche scientifique et culture polynésienne l’association Tetiaroa Society (TS) est une association qui accueille les organismes intéressés dans ces trois domaines. Le CRIOBE (Centre de Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement) a signé un contrat avec TS dans une étude novatrice de repeuplement d’une zone lagunaire. Aymeric a eu la chance de participer pendant un an à ce projet de PCC (Post-larval Culture and Capture).

Le cycle de vie des poissons de récif est complexe. Deux phases se succèdent, l’une pélagique et l’autre récifale (Leis et McCormick, 2002). Chez la plupart des espèces récifales, les femelles émettent des nuages de gamètes, fécondés par les mâles directement dans la colonne d’eau (fécondation externe). Les œufs deviennent rapidement des larves qui vont dériver avec les courants marins. En fonction des espèces, après quelques semaines à quelques mois, les larves colonisent un nouvel environnement récifal ou leur récif originel. Le passage de la pleine mer au récif est généralement associé à une forte mortalité : de 60 % à 95 % des larves (en fonction des espèces) meurent avant le stade adulte. La technique consiste à capturer des larves de poissons récifaux avant l’installation dans le récif pour les élever en aquarium. Ainsi, nous diminuons la mortalité naturelle des larves et relâchons dans le lagon, des juvéniles en bonne santé.

Après un séjour en aquarium, les larves devenues juvéniles sont relâchées sur un site protégé des prédateurs. De là, les juvéniles grandiront dans un environnement naturel (in situ). La maille de protection utilisée empêche les gros prédateurs d’entrer sur le site de relâche et permet aux juvéniles d’entrer et sortir à leur guise. Par un phénomène d’apprentissage naturel, les juvéniles quittent le site de relâche avant d’être bloqués par la maille. Le site est exempt de poisson adulte.


1 commentaire

Gwenaelle DUFRESNOY · 10 juin 2018 à 14 h 01 min

Bravo pour ton investissement Aymeric ! Ce reportage est tres interessant Charlotte ‘ La protection de ces milieux est primordiale pour notre planete ! Bravo a vous deux, votre investissement permet de sensibiliser et d’informer … J’espere qu’un jour tout cela evoluera positivement … 🐬🐠

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