Une étude mondiale (sur 5 continents et 400 cultures), publiée dans Science Magazine a confirmé que les abeilles sauvages pollinisaient la plupart des terrains agricoles, avec ou sans, la présence d’Apis mellifera (Garibaldi et al, 2013), plus communément appelée « abeille à miel ». De nombreux chercheurs affirment pourtant que la surexploitation de l’abeille à miel par l’Homme met à mal les populations d’abeilles sauvages. Cet article ne parlera pas de la coexistence entre abeilles domestiques et sauvages, trop sujet à polémique.

Apparues sur Terre il y a 80 à 100 millions d’années (Ma), les premières abeilles ont évolué, parallèlement aux angiospermes (les plantes à fleurs). Le développement de ses hyménoptères sociaux (120 Ma) a suivi l’avènement des premières fleurs il y a 140 Ma. Peu touchés par la disparition des dinosaures  (il y a 65 Ma), les insectes pollinisateurs ont poursuivi leur coévolution avec les plantes à fleurs.

Les pollinisateurs (Hyménoptères, Diptères, Lépidoptères, Coléoptères …) participent au plus important service écosystémique que nous rend la Terre. Le Plan National d’Actions « France Terre de pollinisateurs, 2016 / 2020 » précise l’importance de préserver les pollinisateurs : « Dans l’Union Européenne, ce sont près de 84 % des espèces végétales cultivées et 80 % des espèces végétales sauvages qui dépendent de la pollinisation par les insectes » (Collen B. et al, 2012 ; Ollerton J. et al, 2011).

Les abeilles, parmi les plus importants pollinisateurs sur Terre (Buchmann & Ascher, 2005), subissent actuellement un déclin considérable de la diversité des espèces et de la taille de la population dans plusieurs régions du monde (Kremen C. et al, 2002 ; Steffan-Dewenter et al, 2005 ; Winfree et al, 2009). L’effet des pollinisateurs varie en fonction des végétaux cultivés (Hudewenz et al, 2014) et des communautés d’insectes étudiés (Garratt et al, 2014b). Les abeilles domestiques sont un modèle d’étude déjà bien connu et un bioindicateur de la santé des écosystèmes. Elles devraient être particulièrement sensibles aux changements du paysage qui conduisent à une séparation spatiale accrue des sites de nidification et des plantes hôtes.

La mortalité des abeilles, domestiques et sauvages, est un phénomène mondial et inquiétant. On estime que 30% des colonies disparaissent chaque année (Michez, 2006) ! Ce déclin est une des préoccupations majeures du monde scientifique, compte tenu des enjeux de la pollinisation. Les agriculteurs eux-mêmes commencent à observer les conséquences de ce déclin sur le terrain. Le déclin massif des abeilles sauvages et domestiques en Europe et en Amérique du Nord est très largement décrit dans la littérature scientifique depuis les années 90. Les dernières estimations avancent que 75 à 80% de la flore sauvage des écosystèmes tempérés (Ollerton et al, 2011), et près de 87 espèces de plantes cultivées dans le monde pour l’alimentation humaine (Klein et al, 2007), dépendent de la pollinisation animale, en particulier des abeilles.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *